dimanche 5 juin 2011
Harmonium: "L'Exil"
Harmonium est un groupe musical québécois qui fut l’un des plus populaires du Québec dans les années 1970. Initialement formé en novembre 1972 par Serge Fiori (voix, guitare acoustique, cuillères, flûte traversière, etc.) et par Michel Normandeau (guitare acoustique, accordéon, etc.). Ils furent rejoints par Louis Valois (basse) en 1973.
L'histoire commence quand Michel Normandeau demande à Serge Fiori de se joindre à lui pour composer de la musique destinée à une pièce de théâtre de son ami et co-locataire Claude Meunier. Le projet est abandonné, Meunier décide de partir et Normandeau invite Fiori à loger chez lui. Comme tous deux jouent de la musique, ils commencent à écrire des chansons, en anglais, pour s'amuser. Intéressés par une carrière musicale, ils rencontrent alors celui qui deviendra leur premier gérant, Yves Ladouceur, qui leur propose de chanter en français. Ce n'est que peu après qu'ils invitent Louis Valois à compléter le groupe comme bassiste. La formation signe un contrat avec Quality Records en 1973 et produit en 1974 l'album éponyme Harmonium (1974), un album folk à saveur progressive. On y entend principalement les guitares et la basse, avec un peu de batterie et de piano. Le groupe remporte un succès considérable au Québec, comme en témoignent aussi bien les ventes de disques que le nombre de concerts. Les titres Un musicien parmi tant d'autres, Harmonium et surtout Pour un instant sont les plus populaires. De plus, certaines chansons évoquent les aspirations souverainistes de l'époque : « Des inconnus vivent en rois chez moi / Moi qui avais accepté leurs lois ».
Le deuxième album, Si on avait besoin d'une cinquième saison, est plus progressif et beaucoup plus poussé musicalement. Le groupe y raconte Montréal, qui survit tant bien que mal aux saisons, et en invente une cinquième (Histoire sans paroles, morceau épique de 17 minutes, qui clôture l'album). Un des morceaux les plus appréciés de l'album est sans doute Dixie, chanson joyeuse et colorée dans le style dixieland qui représente l'été. L'album est une réussite totale, musicalement et commercialement.
« Depuis que j'sais qu'ma terre est à moé
L'autre, y est en calvaire
Eh! calvaire, on va s'enterrer!
Si c't'un rêve réveille-moi donc
Ça va être not' tour ça s'ra pas long
Reste par icitte parce ça s'en vient... » (Depuis l'automne).
À noter que deux autres musiciens se greffent au groupe, Pierre Daigneault (flûtes, saxophones et clarinettes) et Serge Locat (piano et synthétiseurs).
Le troisième et dernier album, L'Heptade, marque l'apogée d'Harmonium. Cet album double concept décrit les sept niveaux de conscience de l'homme. Viennent se greffer au groupe pour l'occasion Denis Farmer (percussions), Monique Fauteux (voix et claviers), Neil Chotem (celui-ci joua d'ailleurs un rôle primordial dans la sonorité de l'Heptade) et Libert Subirana (en remplacement de Pierre Daigneault). Par ailleurs, Paul Hébert devient le nouveau gérant du groupe. Une gigantesque tournée de 110 représentations suit la sortie de l'album, qui se vend moins bien que les précédents, probablement à cause la longueur des pièces (une dizaine de minutes en moyenne) qui se prêtent mal à la diffusion radiophonique.
Un seul concert d'Harmonium a été enregistré, à Vancouver. C'est le seul document existant où l'on peut entendre L'heptade en spectacle. Peu après le début de la préparation de cet album, Michel Normandeau a décidé de quitter le groupe.
Après la tournée, le groupe prend du recul et ses membres travaillent sur d'autres projets, le plus marquant étant l'album Deux cents nuits à l'heure du duo Fiori-Séguin, qui se vendra à plus de 200 000 exemplaires.
Harmonium fait la première partie de Supertramp en Europe, se produit partout au Canada, et donne un spectacle à l'Université de Californie à Berkeley qui fait l'objet d'un film de l'ONF (lequel existe d'ailleurs en DVD). (Source: Wikipedia)
- Paroles:
Tout change
Et tout me dérange
J'nous reconnais plus
Les murs tremblent
Y'a plus rien qui m'ressemble
Même le nom de ma rue
Dis-moi à quel âge
J'vais pouvoir voler
D'un centième étage
Où est-ce qu'il est le nord
Quand tu r'gardes dehors
Le monde s'endort
J'vois des lignes aux creux d'nos mains
Qui ne servent plus à rien
Des signes au fond d'la peau
Qui en disent un peu trop
Puis, j'vois la fin encore plus sûre
Par un coup d'poing dans le mur
J'vais juste être bien
Quand j'vais me r'trouver tout nu
Au creux de mon lit, caché ben loin
Au fond de mon appartement
J'ai moins peur du ciment
C'est bon d'entendre marcher
Quelqu'un sur l'autre plancher
Tout penche
Y'a trop de monde sur la même branche
C'est contre la nature
Ma rue est sombre
L'amour se tient à l'ombre
Pour cacher sa blessure
Dis-moi vers quel abri
J'vais pouvoir voler
Comme tu voles mon pays
Une cage
Cache ton visage
Le monde m'enrage
Des lignes froides comme du béton
Se croisent à l'horizon
Des signes enfouis sous le gel
L'amour est parallèle
Puis j'vois l'exil encore moins sûr
J'prends mon élan, puis j'rentre dans le mur
Tout tient comme sur un fil
Les dos tournés pour fin d'journée
La peur tombe sur ma ville
Comme dans un vieil asile
Tout l'monde s'entend craquer
Les murs vont débarquer
Ça déborde
Tout le monde tire sa corde
C'est fragile
De marcher sur un fil
C'est tragique
Finir dans un cirque
C'est mortel
Suivre un carrousel
Bien accrochés à nos parapluies
Y'en a qui marchent, d'autres qui s'ennuient
C'est juste en tombant
Qu'on partage le même cri
C'est comme tout le monde payait sa place
Pour voir chacun d'en haut perdre la face
Quand le show est fini
J'tombe toujours en bas du lit
C'est blessant
Vivre en noir et blanc
Quand t'as le coeur
Rempli de couleurs
C'est étrange
L'orchestre mélange
C'est une parade
Tout le monde est malade
Ben caché sous nos parapluies
Y'en a qui foncent, d'autres qui s'enfuient
Tomber de si haut
On fait tous le même bruit
C'est comme marcher au-dessus d'un abîme
En bas, la foule demeure anonyme
Me reconnaissez-vous?
C'est moi, le crisse de fou
Qui marche au-dessus d'la ville
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