dimanche 5 juin 2011

Gilles Vigneault: "Il me reste un pays"




Gilles Vigneault, né le 27 octobre 1928 à Natashquan, au Québec, est un poète, auteur de contes et de chansons, auteur-compositeur-interprète québécois.

Humble admirateur de l'œuvre des poètes ayant tant manié le sonnet ou l'alexandrin, dont les incontournables Pierre de Ronsard et Victor Hugo, puis Émile Nelligan, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Gilles Vigneault, ce fils de marin pêcheur et d'une institutrice de campagne, après de longues études au-delà de l'Île d'Anticosti, en exil à Rimouski, puis à Québec, n'eut pas le choix que de révéler les siens, en se faisant poète et conteur. Comme les gens de son pays, au pur français acadien du XVIIe siècle, de ce pays méconnu, alors au large de toute route : Natashquan, caché par la très longue île, Anticosti, où les pêcheurs allaient offrir leurs services comme bûcherons, l'hiver, sur la Côte-Nord du Golfe Saint-Laurent. Ce pays et ces gens, dans leur quotidien, qu'il fera connaître à la ronde, au Québec et ailleurs, en contes et poèmes, jusqu'en chansons — ces havres où se réfugie aujourd'hui la rime —, en tant surtout qu'auteur-compositeur-interprète.

La route eut le temps d'atteindre cette extrémité du grand fleuve. Et lui, de franchir tant de fois « la mer océane » jusqu'aux lointains cousins, retrouvés au-delà du grand remue-ménage des siècles, mais en passant au-dessus des nuages, incroyablement plus vite que Champlain et les ancêtres, en leur temps : ils n'eurent pas cru leurs successeurs aussi farfelus que de se jouer ainsi des marées, des vagues et des vents… Mais déjà, à l'âge de 6 ans, vers 1935, Gilles Vigneault rêvait de se faire pilote d'hydravion « chaussé de canots en été et de skis en hiver », engins qu'on commençait à voir dans les alentours.

Gilles Vigneault, tout comme les siens, qu'il raconte en chantant, est tôt devenu, lui-même, une célébrité.

Il s'affiche même, depuis le début, autant comme un ardent défenseur de la cause de la souveraineté du Québec, qu'un humain encore fier de son peuple et du pays, le sien, élargi, qu'il lui reste « à construire, à aimer, à nommer, à dire… », et de cette langue française qui, à l'encontre de tous les vents qui virent, s'y est enracinée sans se rabougrir et qu'il faut continuer à tuteurer et à nourrir…


- Paroles:


Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer

Il est au tréfonds de toi
N'a ni président ni roi
Il ressemble au pays même
Que je cherche au cœur de moi
Voilà le pays que j'aime

Il me reste un pays à prédire
Il me reste un pays à semer

Vaste et beau comme la mer
Avant d'être découvert
Puis ne tient pas plus de place
Qu'un brin d'herbe sous l'hiver
Voilà mon Jeu et ma Chasse

Il me reste un pays à connaître
Il me reste un pays à donner

C'est ce pont que je construis
De ma nuit jusqu'à ta nuit
Pour traverser la rivière
Froide obscure de l'Ennui
Voilà le pays à faire

Il me reste un pays à poursuivre
Il me reste un pays à dompter

Homme ! Un jour tu sonneras
Cloches de ce pays-là
Sonnez femmes joies et cuivres
C'est notre premier repas
Voilà le pays à vivre

Il me reste un pays à te surprendre
Il me reste un pays à manger




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